Saartje Baartman, la Vénus noire « la Vénus Hottentote »

La vie de Saartje Baartman, la Vénus noire

Originaire des tribus Khoi-khoi et Bochiman Sawtche Bartman est née au Cap Oriental dans l'actuel Afrique du Sud en 1789. Les femmes de ces tribus originelles sont connues pour avoir une poitrine opulente et des hanches développées à outrance ce qui représente un signe de beauté en Afrique.  Son prénom est transformé en Saartje et on lui attribue le nom de Baartman qui signifie barbu en hollandais.

Embarquée sur un navire par un médecin qui en fait son esclave, elle débarque à Londres en 1810 pour être encagée comme une bête  de foire, subir les humiliations quotidiennes, l'amusement et le toucher des spectateurs pervers . Surnommée la Vénus Hottentote, elle fait l'objet de curiosité et de sadisme sexuel Européen notamment en France où elle est exhibée à partir de 1814 dans les salons libertins parisiens. L'exhibition de Saartje attire les Européens pour plusieurs raisons. D'une part l'Occident peut s'enorgueillir de sa dite supériorité sur les races dites inférieures. Et d'autre part l’Occident peut fantasmer à loisir sur le corps généreux et gracieux. Souvent présentée toute nue, son exhibition révèle un caractère pervers et obscène.

Des médecins et scientifiques présentent différentes théories pour expliquer l'anatomie hors du commun de Saartje (hypertrophie des hanches et organes génitaux protubérants). Pour George Cuvier, zoologiste et paléontologue et ses confrères, il est clair que Saartje est la preuve irréfutable de l'infériorité de la race noire.

Elle meurt le 29 décembre 1815 à l'age de 25 ans broyée par la maladie, la misère, l'alcool et la prostitution. Son corps se retrouve rapidement sur la table de dissection de Cuvier au laboratoire du Jardin des plantes où il procède à une ablation du cerveau et des organes génitaux. Il extrait le squelette et continue ses recherches du chaînon manquant entre l'homme et le singe. En 1817, il présente son travail à l'Académie de Médecine et en ressort ce qui suit: "Les races à crâne déprimé et comprimé les nègres sont condamnés à une éternelle infériorité."

 

A la fin de l'Apartheid, des intellectuels sud-africains relayés par des communautés descendantes de l'ethnie Khoï-khoï réclament à la France la restitution de la dépouille de Saartje afin qu'elle retrouve à travers une sépulture décente, le respect et la dignité. Le président de l'Afrique du Sud Nelson Mandela formule la même requête à François Mitterand, président français de l'époque, mais la France refuse au motif que ce trophée constitue un "élément inaliénable du patrimoine national français". C'est enfin grâce à une loi adoptée le 22 février 2002 par l'assemblée nationale que le reste de sa dépouille mortelle sera restituée à l'Afrique du Sud. Elle sera inhumée dignement dans son village natal en août 2002.

 

Saartje Baartman, la Vénus noire (1890-1915)

Saartje Baartman, la Vénus noire dit Hottentote Balckisreallybeautiful


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *